Création d'entreprise

Comment sont imposés le revenu des associés et gérants de société ?

Deux hommes assis examinent un tableau de bord financier

Quand on dirige une société, la question du revenu se pose vite : qu’est-ce qui est imposable, à quel titre, et quelles sommes peut-on retrancher avant de déclarer ? La réponse varie selon la forme juridique, la part détenue dans le capital et la nature des fonctions exercées. Voici les règles à connaître, avec un calcul chiffré pour s’y retrouver.

Ce qui est considéré comme revenu d’un gérant ou associé

La base de l’imposition, c’est la rémunération brute versée par la société en contrepartie des fonctions de direction. Elle comprend le salaire fixe, les éventuelles parts variables, les primes exceptionnelles et les avantages en nature (véhicule de société, logement de fonction, prise en charge de dépenses personnelles). Ces avantages sont évalués puis ajoutés à la rémunération pour déterminer ce qui sera imposé.

Dans la plupart des cas, ces sommes relèvent de la catégorie des traitements et salaires pour l’impôt sur le revenu. Les règles précises sont détaillées dans le BOFiP, notamment dans les commentaires BOI-RSA-GER-10-30 et BOI-RSA-GER-20, qui couvrent les rémunérations allouées aux gérants et associés.

Le régime applicable selon le type de société et le statut

Le traitement dépend d’abord du statut social du dirigeant. Un gérant majoritaire de SARL relève du régime des travailleurs non salariés, alors que le président de SAS ou le dirigeant de SA est un dirigeant assimilé salarié. Cette différence joue surtout sur les cotisations sociales, car sur le plan fiscal la rémunération reste, dans les deux cas, imposée comme un salaire.

Statut Régime social Traitement fiscal de la rémunération
Gérant majoritaire de SARL (associé) Travailleur non salarié Traitements et salaires, selon l’article 62 du CGI
Gérant minoritaire ou égalitaire de SARL Assimilé salarié Traitements et salaires
Président de SAS ou de SASU Assimilé salarié Traitements et salaires
Dirigeant de SA (PDG, directeur général) Assimilé salarié Traitements et salaires

Gérant majoritaire ou minoritaire de SARL, président de SAS

Le gérant majoritaire détient, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs, plus de la moitié des parts. Le gérant minoritaire ou égalitaire, lui, bascule dans le régime général de la Sécurité sociale, comme un salarié, sans pour autant avoir de contrat de travail. Le président de SAS est dans la même situation sociale que ce dernier, quelle que soit sa participation au capital.

Qu’il soit associé ou non, le dirigeant reste imposé sur ce qu’il perçoit au titre de sa fonction. Être associé ouvre en plus un second canal de revenus, les dividendes, qui obéissent à des règles distinctes.

3 880 € par mois : le revenu moyen d’un gérant majoritaire de SARL

D’après les données de l’Insee sur les non-salariés, le revenu d’activité moyen de ces gérants atteignait environ 3 880 € mensuels en 2024. Il a progressé de 0,8 % en euros constants après un recul de 6 % en 2023, mais reste 8,2 % sous son niveau de 2019. Par ailleurs, 12,7 % d’entre eux déclaraient un revenu d’activité nul. Ces moyennes cachent de grands écarts selon le secteur et la rentabilité de l’entreprise.

Comment calculer le montant net imposable

Bureau avec calculatrice, fiches de paie et stylo bleu

Le montant net imposable s’obtient en partant de la rémunération brute, avantages en nature compris, puis en retranchant les charges que la loi autorise à déduire. Il s’agit des cotisations sociales obligatoires (à estimer avec un simulateur charges sociales gérant SARL), des cotisations facultatives de retraite et de prévoyance (dans les limites fixées notamment par l’article 154 bis du CGI), des intérêts d’emprunt contractés pour acquérir des parts de la société, et des frais professionnels. Pour ces derniers, on choisit entre la déduction forfaitaire de 10 % et les frais réels, à condition de pouvoir les justifier.

Voici un exemple simplifié pour un gérant majoritaire de SARL, avec des chiffres purement illustratifs :

  1. Rémunération brute annuelle : 40 000 €, plus 1 800 € d’avantage en nature (véhicule), soit 41 800 €.
  2. Cotisations sociales obligatoires : 11 000 €, ce qui ramène la base à 30 800 €.
  3. Cotisations facultatives de retraite et prévoyance : 2 000 €, soit 28 800 €.
  4. Intérêts d’emprunt liés à l’achat de parts : 1 500 €, soit 27 300 €.
  5. Frais professionnels réels justifiés : 1 200 €, soit un montant net imposable de 26 100 €.

Le montant réel des cotisations dépend de la rémunération et du calcul de l’organisme social, donc ces valeurs varient d’une situation à l’autre : un simulateur de cotisations Urssaf pour gérant aide à les estimer. Une comparaison avec la déduction forfaitaire de 10 % reste utile : si elle donne un résultat plus avantageux que les frais réels, c’est elle qu’on retient.

Dividendes et micro-entrepreneur : deux confusions à écarter

Les dividendes versés à un associé ne font pas partie de la rémunération de dirigeant. Ils relèvent des revenus de capitaux mobiliers, avec le prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, le barème progressif. Pour un gérant majoritaire, la part de dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des comptes courants) supporte aussi des cotisations sociales. Quant au micro-entrepreneur, il n’a pas de société : son revenu est un bénéfice (BIC ou BNC) et ne suit pas ces règles.

Déclaration et obligations à connaître

La société déclare les rémunérations versées à ses dirigeants, et l’administration les reporte en principe dans la déclaration de revenus pré-remplie, à la rubrique des traitements et salaires. Le dirigeant doit vérifier ce montant, puis le corriger s’il choisit les frais réels ou s’il souhaite inscrire des déductions spécifiques, comme les cotisations facultatives ou les intérêts d’emprunt.

Quelques réflexes évitent les erreurs : conserver les justificatifs de frais et d’emprunt, faire figurer les avantages en nature dans la paie, et s’assurer que la rémunération a bien été décidée selon les règles de la société (décision des associés ou statuts). En cas de doute sur un point précis, les commentaires du BOFiP font référence et peuvent être opposés à l’administration. Un expert-comptable reste le meilleur interlocuteur pour arbitrer entre rémunération et dividendes selon la situation de l’entreprise.

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Article publié par la rédaction de Cap Entreprendre.

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