Création d'entreprise

Comment créer une société : les étapes, du projet aux formalités

Guillaume Renard
Guillaume Renard
septembre 22, 2026 6 min
Deux entrepreneurs signant documents ensemble autour table bureau

Créer une société suppose de suivre un enchaînement précis d’étapes, du choix de la forme juridique jusqu’à l’obtention du Kbis (à ne pas confondre avec les démarches propres à la création d’une entreprise individuelle). Beaucoup de porteurs de projet se lancent dans les démarches sans avoir clarifié ces points, et perdent du temps ou de l’argent en cours de route. Voici le parcours complet, dans l’ordre où il se déroule réellement.

Qui peut créer une société en France ?

La création d’une société est ouverte à toute personne majeure ou mineure émancipée, de nationalité française ou étrangère (sous certaines conditions de titre de séjour pour les non-Européens). Aucun diplôme n’est exigé, sauf pour certaines activités réglementées comme le bâtiment, la coiffure ou les professions de santé. On peut créer une société seul, en optant pour une SASU ou une EURL, ou une société à plusieurs, en choisissant une SAS ou une SARL avec des associés.

Le statut de dirigeant peut être cumulé avec un emploi salarié, une retraite ou même le chômage sous conditions. Il existe aussi des restrictions ponctuelles : interdiction de gérer suite à une faillite personnelle, incompatibilité avec certaines fonctions publiques. En dehors de ces cas, le champ est largement ouvert.

Les étapes préalables à la création de votre société

Définir et consolider votre projet de création

Avant toute formalité, le projet de création doit être posé sur le papier. Cela passe par une étude de marché sommaire, une définition claire de l’offre et un premier chiffrage. Le business plan devient ici l’outil de référence : il formalise la stratégie, les besoins financiers et les prévisions sur les premières années d’activité, ce qui sert autant à convaincre un banquier qu’à clarifier ses propres choix.

Choisir la forme juridique adaptée

Le choix de la forme juridique conditionne le régime fiscal, la protection du patrimoine personnel et le fonctionnement quotidien de la société. La SAS séduit par sa souplesse statutaire, la SARL par son cadre plus encadré et rassurant pour les petites structures familiales. Pour un projet solo avec peu de charges, la micro-entreprise reste une option à comparer, même si elle ne constitue pas une société au sens juridique.

Forme juridiqueAssociésCapital social minimum
SASU11 €
SAS2 ou plus1 €
EURL11 €
SARL2 à 1001 €

Trouver un financement

Le financement peut provenir de l’apport personnel, d’un prêt bancaire, du love money ou d’aides à la création dédiées aux créateurs d’entreprise. Le dispositif Acre, par exemple, permet une exonération partielle de charges sociales durant la première année. Certaines régions et Bpifrance proposent également des prêts d’honneur sans garantie personnelle.

Les formalités obligatoires pour créer une société

Documents legaux avec stylo et signatures entre associes

Rédiger les statuts

Les statuts constituent le socle juridique de la société : ils fixent l’objet social, la répartition du capital social entre associés, les pouvoirs du dirigeant et les règles de fonctionnement interne. Une rédaction trop générique expose à des blocages ultérieurs, notamment en cas de désaccord entre associés. Il est recommandé de faire relire ce document par un professionnel dès que la structure implique plusieurs personnes.

Domicilier le siège social

La domiciliation du siège social peut se faire au domicile du dirigeant, dans un local commercial ou via une société de domiciliation. Cette adresse figure sur tous les documents officiels et déterminera le greffe compétent pour l’immatriculation. Un contrat de domiciliation d’une durée minimale de trois mois est exigé si l’on passe par une société spécialisée.

Déposer le capital social

Le dépôt de capital s’effectue auprès d’une banque, d’un notaire ou de la Caisse des dépôts, avant l’immatriculation. La banque délivre alors une attestation de dépôt de capital indispensable au dossier. Pour une SAS ou une SARL, un euro symbolique suffit légalement, mais un capital trop faible peut nuire à la crédibilité de la société face aux partenaires financiers.

Publier l’annonce légale

L’annonce légale informe les tiers de la création de la société via un journal habilité dans le département du siège social. Elle doit mentionner la forme juridique, le montant du capital, l’objet social et l’identité du dirigeant. Le coût varie entre 100 et 250 euros selon la forme juridique et le journal choisi.

Immatriculer la société au guichet unique

Toutes les démarches de création passent désormais par le guichet unique géré par l’INPI, qui a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises. Le dossier complet (statuts signés, attestation de dépôt de capital, justificatif de domiciliation, annonce légale) y est déposé en ligne. Une fois validé, l’immatriculation au RCS déclenche l’attribution du Kbis, document officiel qui atteste l’existence légale de la société.

Le délai à anticiper avant d’ouvrir

Entre le dépôt du dossier complet au guichet unique et la réception du Kbis, comptez généralement une à deux semaines. Mieux vaut ne pas signer de bail commercial ou de premier contrat client avant d’avoir ce document en main, sous peine d’agir sans existence juridique.

Quel est le coût pour créer une société ?

Le budget de création varie selon la forme juridique et le degré d’accompagnement choisi. L’immatriculation au RCS coûte environ 37 euros pour une société commerciale, l’annonce légale entre 100 et 250 euros, et le dépôt de capital est gratuit en lui-même mais bloque les fonds jusqu’au Kbis. Si l’on fait appel à un expert-comptable ou un avocat pour la rédaction des statuts, il faut ajouter entre 500 et 2 000 euros selon la complexité du dossier. Au total, une création simple en autonomie se situe souvent entre 150 et 300 euros, contre 1 000 à 3 000 euros avec un accompagnement professionnel complet.

Que faire après la création de votre société ?

Entrepreneur consultant documents bancaires et assurances professionnelles

Une fois le Kbis obtenu, plusieurs démarches suivent rapidement : ouverture d’un compte bancaire professionnel définitif, souscription des assurances obligatoires selon l’activité, et mise en place de la comptabilité. Le dirigeant doit également déclarer son régime social, affilié à la Sécurité sociale des indépendants ou assimilé salarié selon la forme juridique retenue. Il est utile de vérifier régulièrement sa situation sur service-public.fr, qui centralise les informations administratives liées à la vie de l’entreprise.

La société doit enfin tenir une comptabilité rigoureuse dès le premier exercice, même en l’absence de chiffre d’affaires significatif. Les erreurs classiques à ce stade concernent l’oubli de déclaration de TVA ou le mauvais choix de régime fiscal, deux points qu’un accompagnement comptable permet généralement d’éviter dès le démarrage.

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Guillaume Renard
Écrit par

Guillaume Renard

Porteur de projets en construction permanente
Toujours occupé à construire ou reconstruire quelque chose. Passionné de modèles économiques et de fonctionnement d'équipe, il documente en chemin ce qui fonctionne, ce qui échoue, et les pistes qui émergent. Cap Affaires est le carnet de ses projets en cours : une manière de penser à voix haute sur les défis concrets du lancement et de la croissance.
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