Vous touchez l’allocation chômage, vous préparez un projet ou vous avez déjà un emploi, et vous vous demandez si l’ARCE est compatible avec une activité. La question revient sans cesse, car la réponse change selon que vous êtes demandeur d’emploi qui crée son entreprise ou salarié qui lance une activité à côté. Voici de quoi y voir clair, avec les règles en vigueur en 2026.
Toucher l’ARCE et travailler : la réponse directe
Oui, l’ARCE est faite pour être touchée en travaillant, mais dans un cadre précis : celui de votre propre activité. L’Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise est versée à un demandeur d’emploi indemnisé qui crée ou reprend une entreprise. Vous exercez donc, par définition, une activité (en micro-entreprise, en société ou en reprise).
Le point qui piège beaucoup de monde : l’ARCE remplace le maintien mensuel de l’ARE. Vous choisissez l’un ou l’autre pour les mêmes droits. Une fois l’ARCE versée, vous ne cumulez plus vos revenus d’activité avec l’allocation chômage mensuelle.
Quant à l’emploi salarié, il faut distinguer deux situations. Si vous êtes salarié et que vous créez à côté, vous n’êtes pas concerné, car l’ARCE suppose d’avoir des droits ouverts à l’ARE. Si vous êtes demandeur d’emploi et que vous reprenez un emploi salarié après avoir créé, la part déjà versée reste acquise, mais le second versement dépend de la poursuite de votre activité et doit être déclaré à France Travail.
Qu’est-ce que l’ARCE et comment elle est versée
L’ARCE transforme une partie de vos droits à l’allocation chômage en capital. Son montant correspond à 60 % du reliquat de l’ARE, c’est-à-dire des droits qu’il vous reste à percevoir à la date de création ou de reprise d’entreprise. Le calcul est effectué par France Travail (ex-Pôle emploi) à partir de votre dossier.
Le versement se fait en deux fois. La première moitié arrive au démarrage de l’activité, une fois la demande acceptée. La seconde est versée environ six mois plus tard, à condition que vous exerciez toujours votre activité.
Prenons un exemple indicatif. Avec 20 000 € de droits ARE restants, vous pouvez prétendre à 12 000 €, soit deux versements d’environ 6 000 €. Ce chiffre reste une estimation : seule la notification de France Travail fait foi.
Qui peut la toucher : les conditions d’éligibilité

L’aide s’adresse à des profils bien délimités. Voici les critères habituellement exigés :
- être inscrit comme demandeur d’emploi et avoir des droits ouverts à l’ARE ;
- créer ou reprendre une entreprise, y compris en micro-entreprise (auto-entrepreneur) ;
- bénéficier de l’ACRE, qui prévoit une exonération de cotisations sociales sur une période donnée ;
- justifier de l’immatriculation ou du début d’activité auprès de France Travail.
Un point d’attention : après une démission classique, l’ARE n’est pas ouverte d’emblée, donc l’ARCE non plus. Il faut passer par une démission considérée comme légitime, une démission-reconversion ou un réexamen du dossier après quatre mois, avec un projet de création réel et sérieux. Sans droits ARE, pas d’ARCE.
Cumul avec une activité salariée ou une autre activité
Le demandeur d’emploi qui crée son entreprise
C’est le cas le plus courant. Vous créez votre micro-entreprise ou votre société, en suivant les étapes pour créer son entreprise, vous demandez l’ARCE, et vous travaillez pour votre compte. Vos revenus d’activité s’ajoutent à l’aide perçue, sans la réduire. La contrepartie : l’ARE mensuelle n’est plus versée sur ces droits.
Le salarié qui lance une activité à côté
Si vous avez un emploi et que vous créez une micro-entreprise en parallèle, vous ne touchez pas l’ARCE, faute d’allocation chômage. Vous pouvez en revanche bénéficier de l’ACRE, si vous remplissez ses conditions, indépendamment de l’ARCE. Ne confondez pas les deux dispositifs : l’ACRE touche aux cotisations, l’ARCE est un capital.
Reprendre un emploi après avoir touché l’ARCE : le réflexe à adopter
Prévenez France Travail dès la signature du contrat, avant le second versement. Une absence de déclaration peut conduire à un trop-perçu à rembourser. La part déjà reçue n’est pas remise en cause du seul fait d’un emploi, mais la seconde moitié exige que votre activité d’entrepreneur soit toujours en cours.
La reprise d’emploi salarié et l’ARE restante
Après l’ARCE, il vous reste environ 40 % de vos droits. Si votre entreprise ferme, vous pouvez en principe retrouver ces droits résiduels, dans la limite de leur durée de validité. Une reprise d’emploi salarié ne les supprime pas, mais elle peut décaler leur utilisation. En cas de fermeture de l’entreprise, signalez-le sans attendre pour que votre dossier soit réétudié.
Démarches, déclarations et ARCE ou ARE : que choisir
La demande se fait depuis votre espace personnel sur le site de France Travail, avec les justificatifs de votre projet (Kbis ou preuve d’immatriculation, attestation d’ACRE). Les démarches en ligne suffisent dans la plupart des cas. Une fois l’ARCE accordée, la déclaration mensuelle de situation n’a plus pour objet de calculer un cumul, mais de rester inscrit et de signaler tout changement.
Le choix entre ARCE et maintien de l’ARE dépend surtout de votre trésorerie de départ et de la régularité de vos revenus.
| Critère | ARCE | Maintien de l’ARE |
|---|---|---|
| Forme de l’aide | Capital en deux versements | Allocation mensuelle |
| Cumul avec les revenus | Revenus d’activité libres, sans ARE | Cumul partiel, selon les revenus déclarés |
| Utile si | Gros besoin de trésorerie au départ | Revenus faibles ou irrégulières au début |
| Ce qu’il reste après | Environ 40 % des droits | Droits consommés mois après mois |
En pratique, l’ARCE convient à un projet qui demande un investissement initial (matériel, stock, local). Le maintien de l’ARE protège davantage celui dont le chiffre d’affaires démarre doucement. Faites un calcul sur vos premiers mois avant de trancher, car le choix est difficile à défaire.
Questions fréquentes

L’ARCE est-elle imposable ?
Oui, elle entre dans les revenus à déclarer, au même titre que les allocations chômage. L’imposition dépend donc de votre foyer fiscal. Elle ne compte pas comme chiffre d’affaires de votre micro-entreprise.
Que faire en cas de refus de la demande ?
Un refus tient souvent à un document manquant, à l’absence d’ACRE ou à des droits ARE insuffisants. Vous pouvez compléter le dossier ou contester la décision auprès de France Travail, par écrit, avec vos justificatifs.
Et si l’entreprise ferme avant le second versement ?
Sans activité, le second versement n’est pas dû. Vos droits restants peuvent en revanche être réexaminés. Déclarez la fermeture de l’entreprise sans délai.
Les barèmes et les règles d’application évoluent, notamment sur l’ACRE. Avant toute décision, vérifiez votre situation sur service-public.gouv.fr et auprès de votre conseiller France Travail.





